Faubourg de Pierre : Steinstrass


La route de pierre (strata lapidea, Steingass) est d’abord une voie de communication pavée à l’extérieur de la ville. Avant 1370, l’enceinte suit en effet la Bruche (Ill) au sud et le canal du Faux-rempart au nord, une des portes de la Ville (Burgthor) se trouve à l’extrémité de l’actuelle rue de la Nuée Bleue. Quand on agrandit pour la troisième fois la Ville entre 1370 et 1390 (voir Agrandissements de la ville), le nouveau rempart suit le Fossé des Treize au nord, oblique ensuite vers le sud en suivant une ligne jusqu’à l’église Sainte-Aurélie où il fait un nouvel angle et rejoint les tours des Ponts couverts. Ces nouveaux terrains sont bientôt occupés par les jardiniers, notamment au long des rues qui forment le Faubourg Blanc (actuel Faubourg national), le Faubourg de Cronenbourg (actuel Faubourg de Saverne) et le Faubourg de Pierre qui abrite l’un des trois poêles de la Tribu des jardiniers, les deux autres étant établis au Faubourg Blanc et à la Krutenau. Comme on le constate nettement sur le plan Blondel (1765) ci-dessous, les terrains en bande sont orientés d’ouest en est. Les jardins s’étendent à l’arrière du bâtiment qui s’ouvre sur la rue particulièrement large. Contrairement au côté occidental, certaines propriétés sont déjà séparées dans le sens de la longueur vers l’est.
Les obus du siège de 1870 ont détruit la plupart des maisons du Faubourg de Pierre. La reconstruction suit la plupart du temps l’ancien parcellaire. La Ville a percé de nouvelles rues : aux anciennes rue de la Toussaint et des Mineurs à l’ouest et la rue Graumann vers l’est s’ajoutent la rue des Cigognes et celle du Chevreuil à l’ouest, la rue Gloxin à l’est. La rue des Bonnes-Gens qui était une ruelle proche du rempart a pris un nouveau tracé, de la place du Faubourg de Pierre, ancien emplacement du Fort de Pierre, jusqu’à l’extrémité de la rue des Mineurs.

Partie orientale du II° canton, plan Blondel (1765,
exemplaire qui représente l’état réel sans les modifications de Blondel, ADBR 2 L Plan 2)

Canton II (Fg. de Pierres)

Numéros de maisons au Faubourg de Pierre avant et après 1874

Les obus du siège de 1870 ont détruit nombre de maisons au Faubourg de Pierre, d’autant plus complètement qu’elles étaient proches du rempart. La Ville a d’une part remembré les parcelles en leur attribuant de nouveaux numéros et d’autre part ouvert de nouvelles rues (rue du Chevreuil, rue des Cigognes) qui ont modifié la numérotation des maisons. Le tableau ci-dessous établit la correspondance entre les anciens et les nouveaux numéros (parcelles, maisons) à partir des registres du cadastre : ancien registre (ADBR, cote 3 P 243, registre 24) et cadastre rénové (registre 25).

Cadastre avant 1875 (registre 23) Cadastre à partir de 1875 (registre 24)
N 220, maison n° 37, Daniel Frédéric Imlin N 101, maison n° 37, Daniel Friedrich Imlin
N 223, maison n° 39, Pierre Victor Wolff N 102, maison n° 39, Peter Viktor Wolff
N 224, maison n° 41, Jacques Eugène Pfeiffer (1875) N 103, maison n° 41, Jakob Eugen Pfeiffer
N 225, maison n° 43, Eugène Désiré Mühl (1875) N 104, maison n° 43, Eugen Desire Mühl
N 226, maison n° 45, Charles Friedel (1870) rattachée à la précédente
N 227, maison n° 47, Charles Friedel rue des Cigognes (Storchengasse)
N 228, maison n° 49, Gustave Adolphe Zwicker N 111, maison n° 45, Gustav Adolph Zwicker
N 229, maison n° 51, Henri Théodore Ruch (1872) N 112, maison n° 47, Heinrich Theodor Ruch
N 230, maison n° 53, Edouard Hasslinger (1874) N 113, maison n° 49, Eduard Hasslinger
N 231, maison n° 55, Chemins de fer de l’Est N 114, maison n° 51, General Direktion der Reichs Eisenbahnen in Elsass-Lothringen
N 233, maison n° 57, Charles Brack N 117, maison n° 53, rue du Chevreuil n° 6, Karl Brack
N 236, maison n° 59, François Joseph Schmitt rue du Chevreuil (Rehgasse)
N 237, maison n° 61, Louis Philippe Bauby rue du Chevreuil
N 238, maison n° 63, Daniel Braunwald N 118, maison n° 55, rue du Chevreuil n° 7, Daniel Braunwald
N 239, maison n° 65, Auguste Goetz N 124, maison n° 57, Carl, Luise und Eugen Lipp
N 240, maison n° 67, Mathilde Eléonore Mühl N 125, maison n° 59, Jonathan Magnus
N 241, maison n° 69, Mathilde Eléonore Mühl (1873) N 127, maison n° 61, Viktor Cartier
N 243, maison n° 71, Jean Georges Marbach N 129, maison n° 63, Strassburg, Stadt
N 244, maison n° 73, ville de Strasbourg (1873) N 130, maison n° 65, August Beck
(ancienne rue des Bonnes Gens

Côtés pairs, partie nord de la rue Graumann
La Ville a élargi la rue Graumann en acquérant le terrain des maisons qui la bordaient au nord. Comme l’ancienne maison d’angle n° 26 a été réunie à la voie publique, la nouvelle maison d’angle qui porte aussi la n° 26 correspond à l’ancien n° 28. Il s’ensuit un décalage du numéro des maisons vers le nord.

Cadastre avant 1875 (registre 23) Cadastre à partir de 1875 (registre 24)
N 272, Faubourg de Pierre n° 32, Emile Wieger N 181, Faubourg de Pierre n° 30, Emil Wieger
N 273, Faubourg de Pierre n° 30, Jules Emile Friedolsheim N 182, Faubourg de Pierre n° 28, Julius Emil Friedolsheim
N 274, Faubourg de Pierre n° 28, Michel Burglecker N 186, rue Graumann n° 1 [Faubourg de Pierre n° 26], Michael Burglecker
N 184, rue Graumann n° 3 [actuels 3, 5, 7], Michael Burglecker
N 275, Faubourg de Pierre n° 26, Michel Burglecker voie publique, Ville de Strasbourg
N 291, rue Graumann n° 3, Thérèse Oster idem
N 292, rue Graumann n° 5, Chrétien Schmitt idem
N 293, rue Graumann n° 7, François Joseph Hug idem
N 294, rue Graumann n° 9, Daniel Lobstein, 1874 Michael Burglecker idem
N 295, rue Graumann n° 11, Charles Gies idem
N 296, rue Graumann n° 13, Daniel Lobstein, 1874 Michael Burglecker idem
N 297, rue Graumann n° 15, Caroline Metzger idem
N 351, rue Finckmatt n° 29, Georges Müller,1873 Stadt Straßburg idem
N 350, rue Finckmatt n° 31, Friedrich Bierck N 184, rue Graumann n° 5 [actuel n° 9 et rue Finkmatt n° 23], Friderich Bierck

Les Maisons de Strasbourg sont présentées à l’aide de Word Press. Elles sont hébergées par Free-H.