Chaudronniers (ruelle des) : Kupfferschmidtgässlein


Gangolffsgässlein (jusqu’en 1722), Blausalbengässlein (1624-1719), Kupfferschmidtgässlein (à partir de 1652)


La porte de gauche formait l’entrée de l’impasse (24, quai des Bateliers, août 2015)

La ruelle qui s’ouvre sous l’actuel numéro 24 du côté du numéro 25 porte au XVII° siècle le nom de ruelle Gangolff (Gangolffsgässlein). Le nom de ruelle de l‘Onguent bleu (1) est attesté en 1624 (1644, Gangolffsgässlein jetzmalen Blausalbengässlein) aussi sous la forme blawen Salbenmanns gäßlein, d’après le revendeur de la pommade Jean Henri Beyger (1608, Hans Heinrich Peÿger der Blaen Salben kremer). Le nom de ruelle des Chaudronniers (Kupfferschmidtgässlein, 1689 im so genanten blohen Salbenmanns oder itzigen genanten Kupferschmidts gäßlein) apparaît en 1656 d’après le métier qu’exercent les propriétaires successifs de la maison n° 24 (1652-1725, André Dieffenbecher, Michel Schwartz puis Samuel Schwartz). Les dénominations sont en usage concurremment, celui de Blausalbengässlein apparaît pour la dernière fois dans les actes en 1719, Kupfferschmidtgässlein finit par supplanter les autres noms.
Le receveur Jean von der Strass se réserve en 1601 la propriété des quatre maisonnettes quand il vend la maison qui donne sur le quai (n° 23). Le propriétaire du n° 23 achète trois des quatre petites maisons qui bordent l’impasse à l’est en 1684, 1691 et 1704 et la dernière en 1773. La Ville lui vend en 1812 le sol de l’impasse qu’il réunit à sa propriété. Le parcellaire conserve le tracé de l’ancienne impasse, voir le plan du numéro 25 en 1874.


Plan Blondel de 1765, ruelle vue au sol entre les parcelles 180 et 181 (à gauche, AMS cote 1 PL 675)
Dessins préparatoires au plan-relief de 1830, îlot 209, ruelle vue du haut en bas de la cour (O’) (Musée des Plans-relief)f)


Cour (O’) en partie. Les maisonnettes sur le côté ouest sont remplacées par le bâtiment (8-9) dont l’autre côté donne dans la cour du 23, quai des Bateliers, l’extrémité nord est en (11-12), les bâtiments (12-18) font partie du n° 25, ceux (18-19) du n° 26

Actes

Les préposés font grief le 4 août 1705 à la veuve de l’emballeur Jean Gaspard Bœgner d’avoir planté quatre noyers dans une impasse en aval du Pont Neuf, ce qui ôtera le jour et l’air aux voisins une fois que les arbres auront grandi. Elle répond qu’elle a planté seulement deux arbres qui ne sont pas plus gros qu’une quenouille et que les deux autres ont été plantés par un huilier du Pont Neuf. Les préposés ordonnent d’abattre les quatre arbres qui pourraient être dangereux en cas d’incendie. L’huilier Benoît Braun déclare le 7 août qu’il n’a pas planté les arbres mais les a achetés à un habitant de l’impasse pour les transplanter à la Gansau. Les préposés renoncent à toute poursuite.

1705, Préposés au bâtiment (VII 1381)
(f° 184-v) Dienstags den 4. Augusti 1705 – Johann Caspar Bögner
Johann Caspar Bögners, des Packers hinterlaßene Wittib, welche in dem allmend schlupff am Staaden unterhalb der Newen brucken wohnet, würd verklagt, daß Sie vier Nußbäum in gedachtes allmend schlupffgäßlein gesetzet, wordurch den Nachbauren wann Sie größer wachßen würden der tag und lufft in Ihren häußern benommen würde.
Illa sagt Sie habe allein Zweÿ kleine Nußbäumlein welche nicht dicker alß ein kunckelstocken seÿen, Sie habe nicht gewußt, daß Sie solches nicht thun dörffe, der Ohlmann an der Newen brucken habe den anfang darmit gemacht und Zween Nußbäume die bereits außen trügen dahie gesetzt. Erk. Sollen diese Vier Nußbäume abgehawen werden in deme solche beÿ Gott Verhüte entstehender fewrsbrunst sehr schädlich und gefährlich allda wären.

(f° 186-v) Freÿtags den 7. Augusti 1705. – Benedict Braun d. Ohlmann
Benedict Braun dem Ohlmann, ist angezeigt worden, die Zween Nußbäum welche Er in das unterhalb der Newen brucken am Staden ligende Allmend: gäßlein habe setzen laßen, hinweg Zuthun, Ille berichtet MGHh. daß Er diese bäumlein nicht dahin setzen laßen, sondern solche Von eines Manns der in diesem allmendt gäßlein gewohnet hinterlaßenen Kindern erkaufft Habe, umb solche auß die Ganßaw setzen Zulaßen, welches Er auch auff den frühling ohnfehlbar werckstellig machen wolte. Erk. darbeÿ gelaßen.

Le marchand Simon Knoll (voir le n° 23) déclare qu’il y a devant la maison qui lui appartient dans l’impasse Gangolff un grand noyer que le propriétaire précédent a planté. Il demande que l’arbre soit abattu parce que la ruelle est étroite et qu’il pourrait gêner les secours en cas d’incendie. Les préposés se chargent de faire abattre l’arbre.

1722, Préposés au bâtiment (VII 1390)
(f° 82) Donnerstags den 3.. Ejusd. [Sept. 1722] – Herr Simon Knoll pt° Nußbaum
Herr Simon Knoll der Handelsmann hatt vor Seinem im Gangolffs Gäßel am Staden liegender behausung, einen Großen nußbaum auf dem Allmend stehen, welchen der vormahlige besitzer solcher wohnung dahin setzen laßen, nun stünde Er insorgen, weilen die gegend Zimlich eng ist, es möchte beÿ Feurs Gefahr selbiger sehr hinderlich sein, alß hätte Er MGHhn ersuchen wollen, durch veranstaltung Herrn Lohners, solchen abhawen vnd wegführen Zulaßen. Erk. Willfahrt.

Philippe Jacques Strass demande l’autorisation d’appuyer une remise (13 pieds de long, 5 pied de large, 16 pieds de haut) contre le mur du grenier qui appartient à l’Œuvre Notre Dame, sans l’endommager, pour y mettre deux presses à tabac. Les préposés opposent un refus.

1754, Préposés au bâtiment (VII 1406)
(f° 46-v) Mittwoch den 30. Octobris 1754 – H. Philipp Jacob Straß
In dem Kupfferschmidtgäßel am Staadten Unterhalb der Neün bruck, auf Ansuchen H. Philipp Jacob Straß, welcher um erlaubnus gebetten, an des Frauen Haußes Speicher allda, eine 13. schuhe Lang, 5 schuhe tieff und 16 schuhe hoch Hütt Zu Zweÿ Taback Preßen zustellen, Ohne jedoch die Speicher Maur Zubeschädigen, oder etwas darein Zubrechen, oder Vest Zumachen. Erkannt, Abgewießen.

Le maire cède à Jean Georges Dietsch le terrain qui forme l’impasse des Chaudronniers

1812 (27.4.), Strasbourg 12 (43), Not. Wengler n° 6649
M Jean Daniel Ensfelder adjoint du maire commis par M. le maire en conséquence de son arreté du 13 du présent mois au nom de la ville de Strasbourg en exécution du décret impérial du 27.2. dernier
à Jean Georges Dietsch fabricant de draps demeurant quai des bateliers n° 22
un terrain communal sis en cette ville sur ledit quai (des bateliers) derrière les maisons dud. Sr Dietsch où il forme une impasse qui communique avec ledt. quai ainsi que ce terrain est et se trouve indiqué par une teinte rouge entre les n° 2, 3, 4, 5, 6, 7 et 8 au plan levé par le Sr Boudhors, Ingénieur des Ponts et Chaussées architecte de la ville, dont l’original est demeuré déposé aux archives de la ville
(charges, clauses et conditions) 1. que ledit Sr Dietsch concessionnaire ne construira aucun bâtiment sur le terrain concédé et aura a souffrir a perpétuité le jour des maisons voisines et l’écoulement de leurs eaux tels qu’ils existent actuellement – moyennant 631 francs
Enregistrement de Strasbourg, acp 119 f° 130 du 1.5.


Onguent bleu (blau Salbe)

L’onguent bleu (blau Salbe) est le nom courant de l’onguent gris au vif-argent (graue Quecksilbersalbe, en latin unguentum hydrargyri cinereum), remède traditionnel employé notamment contre la syphilis, d’où son autre nom d’onguent napolitain (unguentum neapolitanum). La pharmacopée prussienne, traduite en allemand en 1834, en donne la recette. On triture douze onces de vif-argent (mercure) et huit onces de graisse de mouton dans un récipient jusqu’à ce que toute boule de mercure ait disparu à la loupe. On ajoute ensuite seize onces de saindoux pour obtenir une pommade bleu-gris.

Pharmacopoea Borussica. Die preußische Pharmakopöe übersetzt und erläutert von Friedrich Philipp Dulk – Zweiter Theil, Zusammengesetzte Mittel (Leipzig, Verlag von Leopold Voß, 1834
(p. 865) Unguentum hydrargyri cinereum. Graue Quecksilbersalbe (Unguentum Neapolitanum)
Nimm gereinigtes Quecksilber zwölf Unzen, Hammeltalg acht Unzen, Reibe sie allmälig in einem passenden Gefäße bis zur völligen Tödtung des Quecksilbers. Dann mische hinzu Schweineschmalz sechzehn Unzen. Verwahre sie vorsichtig auf.
Sie sey von bläulichgrauer Farbe, mit nicht erkennbaren Quecksilbertheilchen.


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