n° 3 : section 58 parcelle 26.b (cadastre)


Rue Hannong n° 3 (1910)

Architecte, Théo Berst
Auparavant n°1, n° 3 et n° 5 rue du Foulon.

Hannong 3 (mai 2014)
A l’extrémité droite (rouge, n° 5), bâtiment d’exposition déjà construit en 1910, au milieu (rosé, n° 5), bâtiment construit en 1910, au fond (jaune clair, n° 1), bâtiment reconstruit dans les années 1930

Le fabricant Jacquemin avait l’intention de reconstruire un ensemble de bâtiments en trois tranches. La première, un bâtiment d’exposition figuré en vert, est déjà réalisée au moment des plans (1910). La deuxième, figurée en rouge, fait l’objet du permis de construire de 1910. La troisième, figurée en jaune, est remise jusqu’à l’expiration du bail du 46, rue du Jeu-des-Enfants et l’achat de la maison d’angle (44, rue du Jeu-des-Enfants). L’initiative privée Jacquemin contribue aux projets d’urbanisme de la Ville en élargissant la rue du Foulon puisque les nouveaux bâtiments sont construits en arrière de l’ancien alignement, comme le montre le plan à l’avant des parties lavées en rouge et en jaune. La Ville facilite d’ailleurs l’acquisition des terrains (voir le dossier sur l’élargissement de la rue du Foulon).

Plan, projet Jacquemin, 1910 (815 W 187)
Plan du projet Jacquemin, 1910

La partie réalisée de la façade rue du Foulon (devenue rue Hannong) est représentée dans la moitié droite des élévations. La partie gauche prévoyait de remployer des éléments du 46, rue du Jeu-des-Enfants, des pans de bois provenant de la façade et des piliers Renaissance. Les piliers (partie la plus proche de l’angle) auraient formé galerie sur le trottoir. La façade rue du Jeu-des-Enfants aurait été une construction nouvelle à pignon garni d’un oriel.

Elévations rue Hannong, 1910 (815 W 187)Elévations rue du Jeu-des-Enfants, 1910 (815 W 187)
Projet Jacquemin : élévations rue du Foulon (rue Hannong) et rue du Jeu-des-Enfants

Propriétaires et cadastre

Voir le 46, rue du Jeu-des-Enfants. Las bâtiments sont propriété de la fabrique de meubles E. Jacquemin.

Dossier de la Police du Bâtiment (3, rue Hannong, cote 815 W 187)

Le dossier comprend d’abord des pièces relatives au 1, rue du Foulon qui est démoli en août 1910. Les différentes parcelles appartiennent au fabricant de meubles Jacquemin qui charge l’architecte Théo Berst de son projet de nouvelles constructions qui s’étendraient de part et d’autre de l’angle des rues, depuis le 5, rue Hannong, déjà construit, jusqu’au 46, rue du Jeu-des-Enfants. L’architecte prévoit de remployer des pans de bois et des piliers Renaissance provenant du 46, rue du Jeu-des-Enfants. Comme la maison d’angle n’est pas encore acquise, les constructions qui font l’objet du permis de construire accordé en juillet 1910 occupent le terrain des anciennes maisons 1, 3 et 3 rue Hannong qui sont démolies en juillet 1910. Le gros œuvre du nouveau bâtiment est terminé en décembre. La réception finale a lieu en juin 1911.
Le dossier comprend un autre suivi de travaux [bâtiment arrière du 46, rue du Jeu-des-Enfants]. On creuse les fondations en juillet 1910. Le troisième étage est terminé fin novembre. Un avenant au permis de construire est accordé en août 1911 pour des dispositions provisoires.
L’Electricité de Strasbourg construit en 1934 un poste souterrain dans la propriété Jacquemin après avoir modifié son projet à la demande de la Police du Bâtiment. Le marchand d’œufs en gros Feldbau qui occupe les locaux en 1937 interrompt son activité pendant la guerre (entreprise juive). Le magasin ferme en 1952 à la mort de son propriétaire. Augusto Micci, cessionnaire d’un bail commercial depuis 1966, dépose une demande pour aménager en 1969 un restaurant au 3, rue Hannong (voir aussi le 18, rue Hannong)
La société civile Jacquemin Frères aménage en 1967 une salle d’exposition au 5, rue Hannong.

Sommaire
  • 1910 – L’architecte Théophile Berst (15, rue de l’Arc-en-Ciel) transmet à la Police du Bâtiment les plans de la nouvelle construction que projette le fabricant de meubles Jacquemin du 46, rue du Jeu-des-Enfants au 1-5 rue du Foulon. Comme la maison d’angle n’a pas encore été acquise par la Ville, il demande à la Police du Bâtiment de se limiter à la partie du projet qui concerne les 1-5 rue du Foulon. L’architecte prévoit de remployer des pans de bois qui proviennent du 46, rue du Jeu-des-Enfants et les piliers Renaissance de la maison d’angle. Les calculs statiques des fondations sont dus à l’entrepreneur Caspers et compagnie.
    La Police du Bâtiment note que le nouvel alignement légal n’a pas encore été établi
    1910 (juillet) – Autorisation. E. Jacquemin et l’architecte Théophile Berst sont autorisés à construire un bâtiment de commerce et d’habitation à deux étages sur le terrain rue du Foulon 1, 3 et 5
    Art. 23. Die Bebauung in der geplanten Weise wird, im Hinblick auf die wesentliche Verbesserung der örtlichen Verhältnisse und darauf, daß das Gebäude Knderspielgasse N° 46 nach Ablauf des Mietsvertrages im Jahr 1914 durch einen Neubau ersetzt werden soll, ausnehmeweise genehmigt. Diese Genehmigung erstreckt sich nicht auf das Eckhaus.
  • 1910 (juillet) – Le mur du 44, rue du Jeu-des-Enfants dénudé par la démolition du 1, rue du Foulon ferait l’objet de réparations illicites puisqu’il se trouve à l’avant de l’alignement légal. Une note fait remarquer que le nouvel alignement n’a pas encore fait l’objet d’une décision. La Police du Bâtiment se rend sur les lieux
  • Suivi des travaux [maison arrière du 46, rue du Jeu-des-Enfants]. Juillet 1910, on creuse les fondations. Octobre, on construit les murs de la cave. Début novembre, les murs du rez-de-chaussée sont terminés. Fin novembre, le troisième étage est terminé. La Police du Bâtiment demande à l’architecte de justifier la résistance du bâtiment. Nouveaux calculs statiques – Dessin de Caspers et compagnie
    1910 (décembre) Théophile Berst demande réception du gros œuvre. Le mur coupe-feu vers la gauche n’est pas construit comme prévu parce que le voisin a un droit de fenêtre
    1911 (janvier) Théophile Berst demande le permis d’occupation du bâtiment accessoire dans la cour, propriété du restaurant Kempf rue du Jeu-des-Enfants. La Police du Bâtiment demande des modifications (couverture, fourneau). Le permis d’occupation est délivré en février
    1911 (mars) Caspers et compagnie justifient la résistance de la dalle en béton
    1911 (juin) Théophile Berst demande le permis d’occupation du bâtiment Jacquemin 1-5 rue du Foulon. La Police du Bâtiment relève deux irrégularités, un appartement au troisième étage et une buanderie sous les combles. L’architecte répond qu’il s’agit d’une disposition provisoire qui cessera en 1914
    1911 (août) – La Police du Bâtiment délivre une autorisation pour ces modifications – Plan
    Suivi des travaux. 1910 (juin, 12 juillet), pas de travaux – (23 juillet) l’entreprise Schütterlé (Neudorf) démolit les maisons 3 et 5 – (27 juillet), toutes les constructions au-dessus du niveau du sol sont démolies – (8 août) La démolition est terminée, la construction n’a pas commencé) – (Octobre) on construit les murs de fondation – (Novembre) on monte le coffrage des murs du rez-de-chaussée – (Décembre, le gros œuvre est terminé, pas d’objections
    1911 (février) les travaux intérieurs se poursuivent
    Relevé des visites de réception – La réception finale a lieu en juin 1911
    1911 – Guillaume Koch (52, route de Bischwiller à Schiltigheim) est autorisé à poser un chaudron d’asphalte sur la voie publique devant le nouveau bâtiment Jacquemin
  • 1911 – Le peintre et sculpteur Strausz (19, rue des Bonnes-Gens) demande au nom de l’entreprise Weil-Kinsburg l’autorisation de poser une enseigne perpendiculaire au 1-5 rue du Foulon
  • 1934 (mai) – L’Electricité de Strasbourg (Service des études techniques, 1, rue du Vingt-deux-novembre) projette d’établir un poste souterrain dans la propriété Jacquemin (puits de descente et orifice d’aération). Elle obtient l’aval du Service des incendies, du Gaz de Strasbourg, du Service des Eaux, du Service des Postes, télégraphes et téléphones – Demande d’établir le poste au 3, rue Hannong en saillie de 1,50 de l’alignement. Plan de situation – Dessins – La Police du Bâtiment demande au maître d’ouvrage de modifier ses projets pour ne pas occuper la voie publique et éviter les problèmes qui se sont présentés dans des cas identiques
    1934 (août) – Nouvelle demande – L’Electricité de Strasbourg est autorisée à titre révocable à aménager un poste de transformation dans le sous-sol du 3, rue Hannong et à construire une trappe d’accès sur le trottoir (section 58, n° 26-a) – Plan de situation – Travaux terminés sauf la trappe, octobre 1934 – Certificat de réception finale, novembre 1934
  • 1937 – Le marchand d’œufs en gros Feldbau demande l’autorisation de poser 3, rue Hannong l’enseigne perpendiculaire qui se trouvait auparavant 16, rue Sainte-Barbe – Autorisation
    1942 – La fabrique de meubles E. Jacquemin répond à un courrier concernant l’enseigne de l’entreprise juive Feldbau qui n’occupe plus les locaux, désormais loués à la société Niese
    1946 – H. Feldbau informe la Police du Bâtiment qu’il vient de rouvrir son commerce et de remettre l’enseigne en place
    1952 – Le magasin est fermé à cause du décès de son propriétaire
  • 1967 – Paul Jacquemin, gérant de la société civile Jacquemin Frères, dépose une demande de permis de construire pour aménager une salle d’exposition au 5, rue Hannong (section 58, parcelle 26-d, à l’angle sud-est de la parcelle 3, rue Hannong et 46, rue du Jeu-des-Enfants) – Notice descriptive des travaux -Le maire transmet la demande avec avis favorable au service départemental du Ministère de la construction – Autorisation, 9 octobre 1967
    Suivi des travaux. Le gros œuvre est achevé, mars 1968. Les travaux sont terminés, pas d’objection, mai 1968
  • 1969 – Augusto Micci dépose une demande pour aménager un restaurant au 3, rue Hannong (parcelle 26-b, en bordure de la rue) – Notice descriptive des travaux
    Bail de locaux commerciaux, passé entre la Société civile immobilière Jacquemin Frères (44, rue du Vieux-Marché-aux-Vins), propriétaire, et Augusto Micci (domicilié 47, rue de la Haute-Montée), preneur, en date du 6 mars 1969
    Cession d’un bail de 1966, de Maurice Gillot, cédant, à Augusto Micci, cessionnaire (6 mars 1969) – Autorisation (4 août 1969)

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