Pièces à la charge du préteur royal Güntzer


Dans un projet de lettre rédigée après la mort de Louvois en 1691, le préteur royal Obrecht expose que le syndic Christophe Güntzer commencerait à soutenir ouvertement des opinions contraires aux ordres du Roi concernant le divorce des luthériens et à faire appliquer l’alternative en privilégiant les luthériens. Le préteur qui relève « les excès horribles de ses debauches et commissions aussy bien que de ses mauvaises intentions pour le service du Roy » estime nécessaire de prendre le relais de feu M. de Louvois pour soutenir la religion catholique à Strasbourg. Dans la lettre qu’il adresse à M. de Barbesieux, le préteur royal Ulric Obrecht parle de Güntzer qui soutient le divorce auprès du Magistrat au lieu d’y représenter les souhaits du Roi et qui tente de soulever à la fois le magistrat et les bourgeois contre lui-même, le préteur royal.
Le chef des travaux Jean Güntzer, expose en vingt-cinq rubriques dans un mémoire les excès de son frère le syndic Christophe Güntzer qui favoriserait des candidats à différents emplois moyennant rétribution, accaparerait les revenus de la Chambre des Contrats, ferait faire des travaux en utilisant des matériaux de la Ville et en profitant des corvées et agirait comme seul propriétaire du moulin Schnelling et du fief qui y est attaché (version en allemand et version en français sous une forme différente). Jean Güntzer expose dans un autre mémoire ses différends avec son frère Christophe sur le fief attaché au moulin dit Schnelling.
Barbesieux déclare dans une lettre de 1694 que le Roi est satisfait de Güntzer.

Sommaire
Documents du fonds du préteur royal, rubrique Syndicat (AMS, cote AA 2625)

  • 1691. Projet de lettre du préteur royal Obrecht après la mort de Louvois concernant le syndic Güntzer
  • 1691. Lettre du préteur royal Ulric Obrecht à M. de Barbesieux concernant le syndic Güntzer
  • Résumé des charges contre le syndic royal Güntzer
  • Mémoire de Jean Güntzer dans lequel il relate en vingt-cinq rubriques les excès de son frère le syndic Christophe Güntzer
  • Version en français du même mémoire sous une forme différente
  • Mémoire de Jean Güntzer concernant des différends avec son frère Christophe sur le fief attaché au moulin dit Schnelling
  • 1694. Le Roi est satisfait de Güntzer

1691. Projet de lettre du préteur royal Obrecht après la mort de Louvois d’après laquelle le syndic Güntzer commencerait à soutenir ouvertement des opinions contraires aux ordres du Roi concernant le divorce des luthériens et à faire appliquer l’alternative en privilégiant les luthériens. Le préteur qui relève « les excès horribles de ses debauches et commissions aussy bien que de ses mauvaises intentions pour le service du Roy » estime nécessaire de prendre le relais de feu M. de Louvois pour soutenir la relation catholique à Strasbourg

[f° 43] J’avois esperé de pouvoir attendre le retour du R. P. Dez pour en reçevoir quelque support ou consolation contre les efforts que le Sr. G[üntzer]. S[indic]. de cette ville faict depuis la mort de feu M. de L[ouvois]. pour soulever le peuple et les Magistrats Luthériens contre ce qui a esté establi pour son interposition en faveur de la religion Catolique. Mais led. Sr. Güntzer pousse ce dessein avec une si grande impetuosité qu’il l’a actuellement fait éclater dans une pleine assemblée du magistrat, s’attachant particulièrement a l’ordre cy joint que le Roy a envoyé icy contre les divorces, qu’il a faict passer pour un effet de pedanterie ou de bigotterie et pour un exemple qui monstroit evidement que l’on travailloit a supprimer et renverser les droits et privileges de la ville. Ce qui a faict que je n’ay pû me dispenser d’en informer le Roy par la voye de M. de Barbesieux, et comme il n’y a personne qui comprenne mieux que vostre rev. de quelle conséquence il seroit si on laissoit enraçiner parmy les Luthériens l’opinion que la religion catolique a perdu tout son apuy en cette ville par la mort de M. de Louvois ie prends la liberté de luy en faire part, pour la suplier
Pendant que feu M. le L. a vescu lorsqu’il rendit quelque ordre en faveur de la religion, il ne lattaquoit âs ouvertement, mais in soufloit seulemt. aux oreilles des Zelés L. que j’avois suggéré ledt. ordre par la relation que l’on me voyoit avoir avec les J[ésuites]. mais depuis sa mort il a levé le masque et a pris ouvertement la qualité de prot. leur faisant esperer qu’en peu de temps il remettroit les affaires de rel. sur un pied que je n’avois plus sujet de me vanter de luy avoir prouvé aucun advantage. C’est dans cette veue qu’il commença par supplanter l’order du Roy touchant l’atlernative qui doibt ester observée entre les catoliques et les Lutheriens a l’élection des charges en supposant dans le rapport qu’il a faict le (-) du mois passé a l’occasion de l’election d’un greffier de la chambre des tuteles un faux ordre des elections a la chancellerie contre ce qui est porté par les registres et faisant par ce moyen que pour un seul catolique il se trouve qu’il y a trois Lutheriens eleus de suite. Comme je ne me suis aperçeu de la fraude qu’après coup, que celuy qui a esté eslu est le fils de l’un des principaux de la ville, que parmi les competiteurs il y avoit un de mes proches parens, et que j’ay estre du bien de la religion que je devois me menager, je ne m’ay pas voulu declarer ouvertement icy contre cette election, mais j’ay escrit à M. de Barbesieux la lettre dont copie est cy jointe, croyant donner l’occasion de redresser l’affaire sans que j’y paraisse, mais soit que M. de Dabr. ny ait pas faict reflexion ou qu’il n’ait pas jugé a propos, quil ait eu d’autres considerations p. M. G., ma lettre n’a pas eu de suite, et M. G. ayant heureusemt. franchi le pas s’est attaché presque a la fois a decrier l’ordre que le Roy a donné contre les divorces et a ravilir l’autorité que l’edit de creation attribué a la charge d’un preteur Royal Catholique qu’il sçait este le principal apuy de la religion en cette ville.
Je suis tout confus destre obligé de suplier V. R. de sacrifier un de ses precieux moments pour lire avec attention les pièces cy jointes et y faire ses reflexions qu’elles meritent en ces conjonctures, ou il semble de si nous ne pouvons pas esperer de grands progres pour l’avancement de la religion en cette ville nous devons du moins donner nos soins a ce qu’elle n’aille pas en arriere et v. R. comprend assés d’elle-même quelles terribles conseq. s’en suivroient, si on laissoit enraçiner l’opinion parmy les L[utheriens]. que par la mort de M. de L[ouvois]. la religion Cat. a perdu tout son apuy dans cette ville, et que l’on ne peut plus compter sur aucun des advantages et establissement qu’il luy a procurés auprès de sa ma.té. J’ay apris par un combat de pres de six ans sous la direction du R. P. a sacrifier a Dieu tous les resentimens particuliers qu’auroient pû elever en mon ame les p.sec. Cont. de G. [i.e. les persécutions continuelles de Güntzer] et lorsqu’il s’agissoit de soustenir l’interest u public j’avois un secours prompt et asseuré en M. de L. qui a epuisé toutes les severités de ses reprimandes a vouloir corriger, et qui se mettoit en train a en delivrer le public ayant ordonné peu de temps avant la mort de M. l’I. de rechercher sa conduite dans l’administration des revenus de la ville et des baillages, estant d’ailleurs déjà suffisamment informé des excès horribles de ses debauches et commissions aussy bien que de ses mauvaises intentions pour le service du Roy, ce temps seroit difficile a corriger infiniment
J’attends le Pere Dez pour chercher avec luy un remede a un mal qui par les habitudes vicieuses et par les furieux efforts qu’il a pris depuis peu me paroit presentemt.
Cependant j’ay cru devoir informer V. R. de ce qui se passe affin que si cette affaire estoit requetée pardevant sa M. elle pût veiller que la religion n’en souffrit point

1691 – Lettre du préteur royal Ulric Obrecht à M. de Barbesieux concernant Güntzer qui soutient le divorce auprès du Magistrat au lieu d’y représenter les souhaits du Roi et qui tente de soulever à la fois le magistrat et les bourgeois contre lui-même, le préteur royal

[f° 14] A Strasbourg le 17 septembre 1691
Monseigneur,
J’ay mandé a V. G. en date du VI de ca mois la proposition seditieuse qui a esté faicte icy à la Chambre des Treize contre l’ordre du Roy touchant les divorces. J’ay apris depuis que la dite proposition a esté faicte par M Guntzer qui au lieu de decrier led. ordre comme il a faict, estoit obligé en qualité de Syndic pour le Roy et en qualité de Catholique de le defendre si d’autres l’avoient attaqué. Il a porté les choses encor plus loins dans une autre assemblée tenue samedy dernier, comme Vostre Grandeur aura la bonté de voir par la declaration cy joincte, que j’ay esté obligé de faire aujourd’huy a la Chambre par escrit n’ayant pas jugé a propos de m’y rendre en personne, de peur du Scandale qu’en auraient pu recevoir les Magistrats Luthériens si nous nous estions brouillés ensemble en leur presence, ce qu’il auroit esté difficile d’eviter, veu les extrémités ou il a poussé son emportement. Tous ceux qui connoissent ma conduite sçavent que j’ay entretenu auec luy autant de familiarité que l’honneur de mon caractere, et sa vie dereglée me l’a pu permette, et se je m’en suis un peu eloigné depuis quelque temps c’a esté en conséquence du Conseil que feu M. de Louuois m’a donné, ayant apris que ledit Sieur Gunzer, auoit épié et trahi aux ennemis du Roy quelques unes des correspondances que j’entretenois en Allemagne, de l’orde de mondit Seigr. Quant à la contestation sur la competence des deux Chambres, sçavoir celle des Treize et celle des Quinze, dont il faict tant de bruit, c’est une veritable bagatelle et la jurisdiction de chaque chambre est si clairment distinguée par les ordonnances de la Ville et par l’usage, qu’il ne s’y trouera aucune difficulté lorsqu’il plaira au Roy de faire regler ladite competence. Mais comme il s’est mis en train de faire soulever non pas seulement ces deux chambres l’une contre l’autre, Mais la populace contre les Magistrats et particulièrement contre moy, leur faisant acroire que je suggere des conseils au Roy pour suprimer leurs privileges, il est de l’interest, de l’auroorité et du service de sa Majesté, qu’elle luy impose promptement silence sur ce chapitre et que dans le temps quelle le jugera a propos, Elle commette l’Intendant, et telles personnes qu’Elle avisera bon estre, pour entendre les pretendus griefs des bourgeois, et l’informer sur le contenu de la declaration, dessus mentionnée, afin d’y apporter le remede qu’elle jugera convenir au bien de son service et a la Tranquillité de la Ville. Quant a ce qu’il me conteste le pouvoir de presider dans toutes les chambres en qualité de Preteur Royal, comme le lettres de creation de ma charge sont adressées au Conseil Supérieur d’Alsace, je ne croy pas estre necessaire d’en importuner Sa Majesté, a moins que Vostre Grandeur ne juge a propos de maintenir l’ouvrage de feu M de Louuois par une voye plus courte et plus efficace que ne pourroit este celle de proceder sur ce trouble audit Conseil.
Je suis avec un tres profond respect, Monseigneur, de vostre Grandeur le tres humble et tres obeissant serviteur.

Résumé des charges contre le syndic royal Güntzer, reprenant en partie les arguments déjà cités (non signé, non daté – par Ulric Obrecht vers 1691 après la mort de Louvois)

[f° 16] Mémoires touchant la conduite du Sr Guntzer Syndic pour le Roy a Strasbourg
Il s’est fait un fantôme de la religion, pour s’attacher par une apprehension continuelle les magistrats et les bourgeois luthériens en leur faisant a croire que l’on suggere au Roy des conseils pour destruire leur religion et qu’il n’y a qu luy qui la soustienne.
Il faict ce qu’il peut pour les entretenir dans l’esperance d’un prompt retour dans l’Empire, s’apliquant uniquement a debiter et fomenter de mechantes nouvelles, a rabattre les advantages des armes du Roy et a relever ceux des Alliés.
Il se fait un soin particulier d’epier et de trahir les correspondences qu’on entretient en Allemagne pour le service de sa Maj.
Il ne s’acquite presque d’aucun des devoirs de sa charge pour laquelle il tire plus de m: 10 lb de la ville.
Il se sert neantmoins de l’autorité de lad.te chambre pour exercer une infinité de concussions, s’in(sinuer) dans les proces, intimidant les rapporteurs et les officiers de la chancellerie, accrochant les expéditions dans les bureaux, vendant sa voix et ses intrigues à l’élection des charges et sa protection contre les reglements de police, inventant toute sorte de chicacans pour arrester ou rompre les traités et contrats des particuliers mesme les mariages dont il n’a pas reçu de tribut, menaçant et persecutant ceux qui different de le luy payer.
Il abuse de certains ordres de feu M. de Louvois pour faire servir a ses passions les logements de la guarnison dont il a mesme vendu a quelques uns l’exemption pour un prix honteux.
Il s’est emancipé a la faveur et sous pretexte des mesmes ordres a disposer des deniers de la ville sans la participation des magistrats.
Dans les baillages il usurpe seul la chasse, se sert des corvées pour son profit particulier, faict faire des impositions, qui de consument en des presents qu’il en tire, ou en ses debauches, auxquelles est aussi employé une partie des revenus de la ville et des deniers qui devraient revenir aux communautés des fourrages, estappes quartiers d’hyver, subventions.
Il tient une conduite grossiere et brutale envers les magistrats, n’espargant ny injures ny menaces pour les tenir dans une frayeur perpetuelle de ses presecutions. Il les terrasse dans les assemblées, mine leur autorité aupres des officiers et valets de ville aussy bien qu’auprès des bourgeois et se fait sur tout une estude particuliere de les éloigner de Messrs. de l’Estat major suscitant des avaries a ceux qui le frequentent ou leur en donnant de mechantes impressions.
Il nourrit un resprit de revolte dans la populace, faisant passer pour infraction de leurs priuileges les ordres des supérieurs, mesmes ceux qui viennent de la cour.

[f° 18] Mémoire touchant les griefs des magistrats et bourgeois de Strasbourg contre le Sr Guntzer syndic pour le Roy
[Autre version du document précédent]

Mémoire de Jean Güntzer dans lequel il relate en vingt-cinq rubriques les excès de son frère le syndic Christophe Güntzer qui favoriserait des candidats à différents emplois moyennant rétribution, qui accaparerait les revenus de la Chambre des Contrats, qui ferait faire des travaux en utilisant des matériaux de la Ville et en profitant des corvées et qui agirait comme seul propriétaire du moulin Schnelling et du fief qui y est attaché

[f° 23] Memorial. Erstlich hat mein brud. Christoph wieder seinen Eÿd gehandelt in dem Er der allhiesiger Obrigkeit ihr bescheid so sie geben haben wieder umb gestoßen, und geschenck deßwegen genomen, welche ihm geschenckt haben, die haben müßen Recht haben.
Zum andern so hat der Pfenningthurn den Contractschreiber müßen bezahlen, und mein brud. hat die gefell eingezogen, welches nihmahlen gewest ist. Sondern ist allezeit der Contractschreiber auß den gefellen bezahlt worden, die in der Contractstub seind verdient worden.
Zum dritten so hat Er die geschenck welcher der hohen officiren ihren leiden geschenckt hat, alles dem Pfenningthurn auffgerecht, und ihm das alles hat wider bezahlen müßen, damit Er die officirer auff seine seiten gebracht hat, under deßen ist der Pfenningthurn sehr beschwerdt word. wegen der großen geschenck die er gethan hat.
Zum vierten so hat Er die burgerschafft angehalten, daß sie ihn die bäum Zu der Mühlen haben müßen herrin führen in der frohn, hernacher so hat er gesehen, daß es nicht würd guth thun, so hat Er auff ein wagen ein Reißthaller geben in deme man sonsten allezeit von einem baum hat 7 biß 8 R. bezahlt, welches ein große aufflag ist, welches doch unßer gnädiger König nicht thut und somit die wägen der gemeinen statt auch noch nicht bezahlt, welche sich über 100 Reißthaller belauffen.
Zum fünfften verkaufft er alle stellen auff der pfaltz, welcher ihm große geschenckt brinck der bekannt die stell welches doch wieder seinen Eÿd ist den Er geschworen hat.
Zum Sechsten so hat er Von dem 15.er Schneidter eine handt voll ducaten bekommen, daß er ihnen hat zum 15.er gemacht hat.
Zum Siebenden hat Er Von dem H: docktor Böckler auch geschenck bekommen für 100 thaler werth alß Er landt Viessitator angenommen hat daß es doch wieder seinen Eÿd ist.
Zum Achten so hat Er von dem H. Böckler welcher Renteristen worden ist auch in die 100 reißthaller werdt empfangen.
Zum Neündten so hat Er von dem H. Scherer seiner Schwieger auch geschenck bekommen für 90. R. daß Er ihn hat auff die Registratur stub gesetzt.
Zum Zehenden so hat Er von dem Münßmeister auch 300. R. empfangen daß der dietrich hat das geld müßen herauß geben.
Zum Einfften alß Er zu Plopsen hat anfangen Zu bauen so hat Er 56. der Schönste von dem Zimmerhoff genommen und nichts davor bezahlt.
Zum Zwölfften alß Er die Mühl Zu wübelsheim hat bauen laßen, so hat alles geschürr und waßermühl von luxhoff geommen aber nichts davor bezahlt.
Zum dreÿ Zehenden hat Er einen Schürr Karich Zu seinem Züegeloffen gelehnt, welche schon über 2 Jahr ist, und noch nicht wieder ist gelüffert worden, und soll alle Tag dafür 3 ß bezahlt werden.
Zum Vier Zehenden so hat Er in seinem hauß wohrinnen Er wohnt alles auff der statt kosten bauwen laßen, endich alß Er gesehen hat, daß es Zu hoch in das geld laufft, so hat er etwas weniges dafür bezahlt, welches nicht werth ist, daß man sagt daß etwas dafür ist bezahlt werden dan der Kosten groß ist.
Zum fünff Zehenten wan ein dienst hier ledig würdt und sich Ehrliche leudt sich ermeldten wer die gröste geschenck brinck der bekomt den dienst, in dem er eines alß seinem aelsten bruder thut, daß ich ihm nicht geben will was Er begehrt hat
Zum Sechs Zehenten so will Er mich umb meinen dienst bringen die weillen ich ihm nicht 8. fürtel früchten vor der mühlen geben will von meinem Eÿgenthum und Königlichen lehen, alß daß er mehr haben will alß ihm von gott und rechtswegen gebüredt, hat auch dieselbe mühl verlehnt und in der Contractstub verschrieben laßen, alß wan sie ihm allein gehört, wie auch alle andere güter er verlehnt alß wan sie allein sein weren.
Zum Sieben Zehenten so hat Er eine schult gekaufft welche 900. R. ist, hat sie umb 500. R. an sich gebracht welches der Pfenningthurn ihm alß meinem brud. für voll die 900. R. beahlen muß, welches wieder seinen Eÿd ist.
Zum Acht Zehenten wan Er die mühl an dem güeßen beÿ dem rhein setzen will, so muß die bruck und werb geändert werden, welches den Pfenningthurn hart Trucken wird, weilen es viel kosten wird.
Zum Neün Zehenten so hat Er geschenck genommen und der H. 15. ihren bescheid umbgestoßen, wegen der Müller daß sie mehr gelt wegen deß mahlens fordern dörffen in die gantze burgerschafft deren leiden muß daß es doch wieder seinen Eÿd ist.
Zum Zwanschiden hab ich alle unkosten Zum halben theill leiden müßen wie mihr die mühl haben bawen laßen, und doch die bauren Zu Ehlkirch dazu gefrondt haben, und mein bruder eine doch die fuhren auffgericht hat, und ich es ihm bezahlt hab.
Zum Einen Zwanischen, so hat es noch viel geschenck genommen die ich nicht weiß, wan die burgerschafft solte beeÿdigt werden von Zunfft Zu Zunfft, so würdt es heraußer kommen, wie Er gehandelt hat So wohl auch wie Er beÿ den Stüfften er handelt und geschenck nimbt.
Zum Zweÿen Zwanischen so mach er große unkosten dem land Volck wegen deß Jagens, dan er beständig daraußen ist und die Armen Underthanen es nicht mehr erschwingen können.
Zum dreÿen Zwanischen so ist der Schaffner Erhart auch durch geschenck in die Schaffeneÿ kommen wie noch ihren viel durch geschenck gunst und recht beÿ ihm bekommen die mit nicht alle bewußt sein.
zum Vieren Zwanischen so Zwinckt er viel leidt sie ihn müßten in deß Testament setzen, alß er auch beÿ dem Küstner gethan hat, und noch andere mehr daß Er gleich sagt wan daß Testament ihm nicht gefellt, so will es es umstoßen.
Zum fünff Zwanischen so hat auch mein bruder Christoph beÿ der abschatzung der mühlen auch seinen Nahmen versetzen laßen und hat mich heißen auß der stuben gehen, und mit Notarius Reben allein geredt, waß es aber ist, weiß ich nicht, Es würdt wohl Zu erfahren sein.

Version en français du même mémoire sous une forme différente, sans numéro de rubrique

[f° 20] Mémoires de Jean Guntzer payeur ordinaire de la Ville de Strasbourg contre son frere syndic de lad.te villle
L’Infidelié de mon frere Christophle envers le Magistrat paroist en ce qu’Il en supprime les Ordonnances et que quiconque luy donne a toujours raison Comme Il a fait a l’egard des Meusniers au grand préjudice du public.
Il faict que le Greffier de la Chambre des Contrats se paye par la Chambre du Thresor, Cela ne ne pratiquoit pas autresfois au contraire on le payoit sur les reuenus de sa Chambre mais mon frere se les approprie tous.
Il a obligé le Bourgeoisie de luy amener par corvées les Arbres qui ont servis à la Charpente de son Moulin, et comme Il a veu qu’Il y auroit du danger pour luy a user si librement des Corvées jl a donné un escu par Chariot au lieu que la voiture couste 15 a 16 francs par pièce. Le Roy luy même nen a jamais usé de la sorte. La ville n’a pas non plus esté payée pour les Chariots qui montent a plus de 300. lb.
Il vend toutes les planches de la Maison de Ville Qui sont à qui plus luy donne, quelque honestes Gens que soient Ces pretendants, et Il ne me persecute que parce que je ne luy donne pas tout ce qu’il veut.
Il en a coûté une poignée de Ducats a Mons. Schmidt pour estre receu au Con.el des Quinze.
Le sieur Scherer luy a donné prés de deux Cents Liures pour entrer en la Chambre des Archives quoy qu’il en espouse sa niepce.
Le Me de la Monnoyé luy a donné 600. lb pour faire condamner Mr Dietrich.
Il a fait prendre 56 des plus belles planches de l’attellier des Charpentiers de la ville pour employer aux repaâons de sa Maison de Plopsen sans en rien payer.
Lors qu’il fit bâtir son Moulin de Wubelsheim Il se servit de tous les outils et Instruments de la Ville sans en rien payer.
Toutes les rapaâoons qui ont esté faites chez luy, s’y sont faites aux depens de la ville, il est vray que comme jl a veu que cela montoit trop haut, jl a baillé quelque petite chose mais cela ne vaut pas la peine d’en parler, au prix ed ce qu’jl en a coûté.
Une des raisons pour laquelle Il a entrepris de me faire perdre mon Employ est que Je ne luy veux pas donner une rente de 8 sacs de Bled de mon Moulin Et Il en fait faire les Baux en son nom aussy bien que d’autres héritages qui sont à Nous deux, comme s’il en estoit Seul le Maitre.
Il s’est fait payer à la Chambre du Thresor de la ville sur le pied de Dix huict Cents liures d’une debte dont Il n’a donné que Mile francs.
Il fair bâtir le Moulin qu’il a envie de faire faire proche du Rhin il faudra faire changer le pont et la Chaussée et les frais en tomberont sur la Chambre du Thresor.
J’ay esté obligé de luy payer la moitié de tous Ceux qui ont esté faits pour nre. Moulin quoy que les Paisants d’Illkirch en ayent fait toutes les Voitures par Corvées.
Il ruine les habitants de de la Campagne dans les baillages de la villle par ses parties de Chasse où il fait des depenses continuelles auxquelles les pauures Gens ne sçauroient plus fournir.
Il force des Gens a luy faire des Legs par leur Testament et les menace de le faire casser quand il ne lui plait pas.
Mon dt. frere Christophle a fait bâtir un moulin a remoudre que je ne suis pas obligé de souffrir parce qu’il n’y en avoit jamais en cet endroit là où la roue est dans mon eau.
Il me retient depuis neuf mois la part que j’ay en un moulin aussi bien que luy. Il en a fait faire le bail en son nom sans y faire mention du mien quoy que je sois son ainé et que ie n’aye que faire de Receueur.
Il a fait mettre son nom le premier dans les Lettres d’jnvestitures qui nous ont esté données par l’Emper. et ensuite par le Roy.
Il a detourné tous nos Tiltres que nous luy auions confies comme a n.re frere. Il tâche par ce moyen là d’attribuer a ses deux Moulins les droits du mien qui est un fief mouvant du Roy, qu’il ravilit pas la.
Son Moulin a foulon n’a droit de moudre que trois jours en le semaine quand le Moulin a Bled a de l’eau de reste pour le moulin à remoudre dont j’ay déjà parlé. Il n’an a aucun droit.
([biffé] Celui qui la fait bâtir estoit maître de toute l’eau pendant les années de sa femme mais Il deuoit faire demolir a la fin de son bail comme je pretend qu’il le soit présentement pour empecher que cette possession ne se convertisse en droit auec le Tems)
signé Jean Guntzer

Exposé de Jean Güntzer concernant des différends avec son frère Christophe sur le fief attaché au moulin dit Schnelling – Le fief impérial du moulin Schnelling qui appartenait à Thiébaut Güntzer est échu à l’aîné Jean et au puîné Christophe Güntzer. Le foulon voisin est revenu au seul Christophe Güntzer. Le meunier Lauth a pris à bail du temps de Thiébaut Güntzer à la fois le moulin et le foulon et a construit un tournant à céréales. Le foulon était autorisé à tourner trois jours par semaine, davantage s’il ne portait pas préjudice au moulin. Le tournant à céréales n’était pas soumis à condition particulière, il était cependant de notoriété publique que le locataire le supprimerait à son départ. Une fois que Christophe Güntzer a été seul propriétaire du foulon, il a transformé le tournant à céréales en moulin à polir, ce qui peut porter préjudice au moulin. Il ressort de ce qui précède que Jean et Christophe Güntzer ont droit chacun à la moitié des 80 rézaux, moitié blé moitié épeautre, dus par le meunier et que le foulon, a fortiori la moulin à polir, ne doivent en aucun cas porter préjudice au moulin dit Schnelling.

[f° 39] Factum in sachen Mein Johann Güntzers des Statt Lohners Ca. meinen bruder Tit: H Syndicum Güntzern &
Die von vnßerer Gemeinschafftlichen sogenannten halben Schnellings: oder Cartheußer Mühlen fallende Jährliche Gülten und nutzung betreffend.
Eß hat unßer Vatter seel. Theobald Güntzer dieße Mühle vmb partagirung deren Gefällen mein bruder der H Syndicus mit mir streitig so wohl ratione des Eÿgenthumbs, alß auch ratione des darauff hafftenden vormahls Kaÿßerlichen anjetzo aber Königlichen Lehens jährlich 20. frtl. erträgt und von dem besitzer derselben Mühlen abgestattet werden muß sich acquirirt und an sich erhandelt. Nach deßen todt haben wir beede brüder nicht allein dießes Kaÿserliche Lehen, davon ich der Lehen träger alß der älteste bruder bin, gebührend requirirt und unß investiren laßen sondern haben auch ratione des Eÿgenthumbs mit unßern beeden Schwestern beÿ Abtheÿlung der Vätterlichen verlaßenschafft aus dergestalt verglichen und abgefunden, daß ein Jeder von uns denen selben 500. rhr. herauß und nachgeben sowie in maßen ich dann der Fr. Roßenzweÿgin meine 500. rhr. baar bezalt, dahingegen mein bruder der Herr Syndicus meiner andern Schwester, der Margarethä, selbige beÿ ihren Lebzeiten verzinnßt, nachgehendts aber einen theil ihrer verlaßenschafft per testamentum geerbt. Worauß unstreitig Zuerkennen, daß dieße mahl: Mühlen so wohl ratione des Eÿgenthumbs alß auch ratione des darauff hafftenden Lehens: Gefällen sambt allen deren rechten und gerechtigkeiten pro indiviso mir Zur helffte gehörig, und Zuständig seÿe.
2. Ferners ist Zu wißen, daß beÿ angeregter Abtheÿlung der vätterlichen Verlaßenschafft meinem bruder dem H. Syndico ferner für seine Erbs portion und Außweißung eÿgenthümblich zugefalllen eine Walckh mühle, so ebenfalls der Gemeinschafflichen mahl mühlen in eben dießem waßer steht, sambt einem platz gegen über, allwo der vorige müller Hanß Jacob Luth, welcher beÿde Mühlen, die Mahl: und Walck mühle in Lehnung gehabt, einen Rellgang auß Vergünstigung unsers vatters seel. hingebaut. Es ist aber die Mahl: Mühle in respectu der walck mühlen dergestalten berechtigt, daß die Walck mühle nicht mehr dann dreÿ tag in der wochen walcken, und also außer dießer Zeit wie wohlen auch gantz nicht behindert werden sollen derselben in geringsten nicht hinderlich sein darff. Waß aber den von Luthen auß unßers vatters seel. vergönstigung [p. 40] auff den platz gegen der Walck: mühlen über gebauten Rellgang anlangt, weiß mann von Keiner à parten Gerechtigkeit, so demselben alß wie der walckmühlen Zukommen möge, Zu mahlen solcher in einem Ablaß stehet, Sondern dießes ist viel mehr bekandt, daß beÿ beschehener vergönstigung, dießen Rellgang Zubawen von unserm vattern seel. expresse bedungen worden, daß Luth oder deßen Erben nach geendigter Lehnung den dahin gesetzten Rellgang wider ab: und hinweg thun sollen, vndt hat mann* dießes umb so da mehr dem Müller vergönstigen können, Weilen beÿde mühlen die Mahlen und Walck: mühl einem herrn, nemlichen unßerm Vatter seel. zugehörig, und zugleich einem Müller verlehnt waren, dahero er auch sich des Rellgangs Zu ein und anderer Zeit bedienen Können, wann er gewolt. Nichts desto weniger aber alß nach unßers vatters seel. todt auch die Lehnung der mühlen Zu end gegangen haben Luthens des Müllers Erben den Röllgang, welchen Sie ohne dem hinweg Zuthun schuldig gewesen, meinem bruder dem herrn Syndico übergeben, welcher solchen an Jetzo in eine Schleiffmühl transformirt, und sich dießer nunmehro Zu præjuditz und nachteil der Mahl Mühle bedienen Zu können vermeint.
Wann aber auß diesem wahrhafften Facto klar erhället, daß mir gantz unstreitig die helffte an der Mahl: Mühle und an allen von derselben fallenden nutzungen gehörig, bevorab der H Syndicus an allen Reparations: und baw: kösten so an dieselbe durch ihne verwendet worden mir die helffte Zu: und angerechnet, so gar, daß ich auch die daselbst bestelte Salva guardia Zur helffte bezahlen müßen, mithin die dem H Syndico allein Zugehörige walck: mühlen außer daß Sie allein dreÿ tag in der wochen walcken darff, so doch ohngehindert der Mahl: Mühe geschehen Kan, viel weniger die Schleiffmühle der Gemeischafftlich. Mahl: Mühle, hinderlich sein solle noch möge, Zumahlen anjetzo die Mahl: und Walck: mühle benebens dem platz wo die schleiffmühle gantz neuerlich hingebaut worden, nicht mehr einem herren gehörig seind, Alß befinde mich bester maßen berechtiget, die helfte an der Völligen Nutzung, so die Mahl: Mühle anjetzt erträgt, und 80. frtl. halb korn und halb weitzen anlangt zu prætendiren, und der herr Syndicus mir hievon 40. frtl. ohne abbruch jährlich, Zukommen Zu laßen schuldig, Gestalten ist auch jederzeit biß erst vor einem Jahr in dem besitz und genuß der völligen helffte dieser Mahl: Gülten von Ihme ruhig gelaßen worden.

1694. Le Roi est satisfait de Güntzer

[f° 28] à Versailles ce 17 May 1694
Messieurs,
Le Roy est si satisfait de la manière dont le Sr Guntzer, scindic pour sa Ma.té à Strasbourg s’est acquité de ses fonctions dans les employs qu’ij lui a plû de luy acorder jusques a present, que sa Ma.té qui a resolu de l’y continuer m’a commandé de Vous en donner auis, a fin qu’jl ne s’y fasse rien sans sa participation.
Je suis, Messieurs, V.re tres affectionné seruiteur – De Barbesieux


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