Sébastopol (rue de) : beym Geistbrückel


Grande et Petite rue de l’Esprit

Auparavant Marais Vert près le Petit pont de l’Esprit (im grünen bruch ohnfern dem Geistbrückel). La fin du XVIII° siècle distingue Grande rue de l’Esprit qui correspond à l’actuel boulevard de Sébastopol et la Petite rue de l’Esprit qui forme la partie occidentale de l’actuel quai Kleber. Le livre des communaux de 1586 porte la forme Geissbrückel (von dem Geißbrücklin nach dem Hundtshoff hinab., en descendant du pont aux Chèvres vers la Cour aux Chiens). On peut donc supposer soit que le nom se réfère à la chèvre (Geiss), soit à l’esprit (Geist, qui représenterait sans doute un nom de famille).

La rue forme l’extrémité orientale du Marais Vert (grüne Bruch), à mi-chemin des ponts qui traversent les fossés intérieur et extérieur du Faux-Rempart devant le faubourg de Cronenbourg (ultérieurement faubourg de Saverne) et devant le faubourg de Pierre. Les maisons y sont dites proches le petit pont de l’Esprit (im grünen bruch ohnfern dem Geistbrückel). Situé à côté de la maison à la Danse des Paysans (zum Baurentantz), ce pont donne accès au terre-plein entre le canal extérieur et le canal intérieur du Faux-Rempart mais ne traverse pas le canal intérieur. La rue prend le nom de Grande rue de l’Esprit à la fin du XVIII° siècle pour la distinguer de la Petite rue de l’Esprit qui longe le canal vers le Faubourg de Cronenbourg.
La Ville modifie l’aspect des lieux en établissant au début des années 1840 un quai le long du canal. Elle rectifie la Grand rue de l’Esprit qui prend le nom de rue de Sébastopol lors de la construction de la gare ferroviaire qui donne lieu à de nombreuses expropriations pour cause d’utilité publique.

Canton II (Marais vert)
Partie occidentale du II° canton, plan Blondel (1765,
exemplaire qui représente l’état réel sans les modifications de Blondel, ADBR 2 L Plan 5)

Sur le plan Blondel de 1765 (ci-dessus), le pont de l’Esprit se trouve en bas à droite.
Le plan cadastral de 1840 (ci-dessous) montre les lieux après l’établissement des quais. On y a aussi porté les modifications ultérieures : la Grand rue de l’Esprit est rectifiée, les îlots de gauche disparaissent pour faire place à la gare ferroviaire.
La déclaration qui ordonne l’acquisition des maisons sur le tracé du nouveau quai pour cause d’utilité publique est jointe à l’adjudication définitive des maisons rue des Cerceaux n° 8, 9 et 15 et rue de la Soupe à l’Eau n° 1 au profit de la Ville (acte passé le 4 septembre 1840 par devant Me Boersch).

Esprit N 1837 - 1197 W 35 (02)
Plan cadastral (1840, AMS, cote 1197 W 35)

Ordonnance du 13 août 1838

Préfecture du Bas Rhin, Ordonnance du 13 août 1838 ayant déclaré d’utilité publique les travaux par la ville de Strasbourg et à ses frais pour l’établissement d’un quai sur la rive gauche au canal des Faux Remparts entre la maison de force et la courtine des Juifs, Arrêté du 10 novembre 1836 qui a prescrit l’accomplissement des formalités d’enquête pour expropriation, délibérations du Conseil Municipal du 7 juillet 1835, 14 août 1836, 25 juillet 1837. Arrêtons, article 1. les propriétés ci après désignées seront acquises par la ville de Strasbourg soit à l’amiable soit par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique savoir,
Rue St Jean
maison n° 11 au Sr Schott Michel brasseur,
maison n° 10 au Sr Ball Grégoire,
même n° à Suber Jean,
maison n° 9 au Sr Lazarus André laitier,
maison n° 8 au Sr Schalgdenhauffen Frédéric,
maison n° 7 à la veuve Jean Théophile Scherer,
magasin n° 6 à l’Hospice St Marc,
maison n° 5 à Hoh Michel,
maison n° 4 à Simon Joseph,
idem n° 3 à Schott Michel brasseur,
idem n° 2 à Petitiville (veuve de Pierre),
même n° à la même,
idem n° 1 à Dessler Jean, aubergiste,
hangard n° 51 à Vogt marchand de bois,
maison n° 52 à Eichborn Philippe Frédéric,
jardin n° 59 à Vogt marchand de bois,
hangard n° 59 au même,
Grand Rue de l’Esprit, maison et jardin n° 151 au Sr Ratisbonne,
Rue de la Toussaint, jardin n° 6 à Tiss Valentin agent de change,
idem n° 3 à Halff Bernard,
idem n° 5 au Sr Destrais Jean Baptiste,
cour et bâtiment n° 3 au Sr Bischoff marchand de bois,
Faubourg de Pierre, maison n° 3 au Sr Hilly Jean Christophe
idem n° 1 au Sr Kuhn Abraham, chirurgien
Rue des Cerceaux, maison n° 96 au Sr Grasser Geoffroi, serrurier,
maison n° 17 au Sr Scholl André,
idem n° 16 au Sr Schmidt Jean David,
idem n° 15 au Sr Jost Michel,
idem n° 14 au Sr Hügel Daniel,
idem n° 13 au Sr Lambert Jean,
idem n° 12 au Sr Mühleissen Joseph,
idem n° 11 au Sr Bilger Michel, boulanger,
idem n° 10 au Sr Pfeiffer Jean tisserand,
idem n° 9 au Sr Jost Thiébaut journalier,
idem n° 8 au Sr Nortz Marie veuve,
idem n° 1 au Sr Scola Joseph épicier,
Chemin de ronde : maison et jardin lett. A au Sr Martzloff,
jardin lettre B au Sr Krauss,
bâtiment et cour lett. d au Sr Klotz – Strasbourg le 2 février 1839, mairie de la ville de Strasbourg

15 août 1838, Département du Bas Rhin, Copie, Louis Philippe, Roi des Français (…), Art. 1 déclare d’utilité publique les travaux à exécuter par la ville de Strasbourg et à ses frais pour l’établissement d’un quai sur la rive gauche au canal des Faux Remparts entre la maison de force et la courtine des Juifs
Art. 2, l’Administration des Ponts et Chaussées paiera à la ville de Strasbourg après l’exécution des travaux 56 828 fr primitivement destinés à l’établissement des risbermes projetées pour la défense de la rive et que la construction dudit quai rendra inutiles
Art. 3, quant à la partie du quai projeté où se trouvent situés des immeubles de l’Etat, les travaux ne pourront être commencés qu’après que l’échange de terre consenti par le Département de la Guerre aura été approuvé par une loi. Aux Tuilieries 15 août 1838

Expropriation pour cause d’utilité publique rendu en 1845

Jugement d’expropriation rendu pour établir le premier débarcadère (gare) du chemin de fer. Les maisons expropriées forment pour la plupart l’îlot qui longe la Petite rue de l’Esprit.

1845 (17.2.), Hypothèque de Strasbourg, Transcription reg. 429 (2655), n° 50 – Tribunal Civil
Jugement d’expropriation pour cause d’utilité publique – Le Tribunal civil de première instance de l’arrondissement de Strasbourg Département du Bas-rhin a rendu le jugement ci après sur la requête à lui présentée et dont la teneur suit.
A Messieurs les Président et juges composant la première chambre du Tribunal de première instance de l’arrondissement de Strasbourg, Nous Procureur du Roi, Vû le jugement d’expropriation rendu le 20 Janvier dernier par le tribunal de Strasbourg des divers immeubles nécessaires pour l’établissement en cette ville de la station commune aux deux chemins de fer de Paris à Strasbourg et de Strasbourg à Bâle, attendu que des énonciations de ce jugement il pourroit paraître que la superficie totale de quelqu’unes des parcelles est expropriée, bien qu’une fraction seulement soit nécessaire à l’établissement du débarcadère, Requérons qu’il plaise au tribunal déclarer expropriés pour caause d’utilité publique
Premierement Chrétien Stahl de Schiltigheim de 4 ares 9 centiares,
Secondement le sieur Nathanaël Friesé de 2 ares 85 centiares,
3. Le sieur Jean Trienbach de 3 ares 32 centiares,
4. le sieur Jean Baptiste Loiseau de un are 16 centiares,
Cinquiemement, Les sieurs Dipper Michel père et fils et Frédéric Dipper de 46 centiares,
Sixiemement. Le sieur Jacques Lehmann de 37 centiares,
Septiemement. Le sieur Antoine Müller de 53 centiares,
Huitiemement, Salomé Meyer de 9 ares 69 centiares,
Neuviemement, Madeleine Meyer de 3 ares 63 centiares,
Dixiemement, André Ruhlmann de 5 ares 99 centiares,
Onziemement, Jean Geyer de un centiare
Douzièmement, David Kitzel de 43 centiares,
Treizièmement, Jean Geyer de 3 centiares,
Quatorziemement, Michel Sieffert de 29 centiares,
Quinziemement, David Kitzel de 58 centiares,
Seiziemement, Thiébaut Schott de 6 ares,
Dix septiemement, La Compagnie anonyme pour la fabrication du gaz de 39 centiares,
Dix-huitiemement, Frédéric Schlagdenhauffen de 14 ares 82 centiares,
Dire qu’au surplus le jugement du 20 Janvier dernier sortira son effet. En parquet le 4 fevier 1745, Le procureur du Roi signé Gast.

Vû la requisition ci-dessus, Vû le jugement du 27 Janvier dernier prononçant l’expropriétion pour cause d’utilité publique de divers immeubles nécessaires pour ‘établissement en cette ville de la station commune aux deux chemins de fer de Paris à Strasbourg et de Strasbourg à Bâle, Attendu que par suite d’erreurs dans les indications primitives il semblerait que la totalilé de quelques parcelles est expropriée tandis qu’une partie seulement est nécessaire à l’établissement de la station, qu’il importe de ne laisser aucun doute à cet égard, Vû l’arrêté de Monsieur le Préfet en date du 14 Janvier dernier qui déclare d’utilité publique l’acquisition des propriétés désignées au tableau dressé par Monsieur lIngénieur en chef le 23. Décembre précédent, Vû l’article 14 de la oi du 3 mai 1841
Attendu que toutes les formalités ont été remplies, La Tribunal déclare expropriées pour cause d’utilité publique
Premierement Frédéric Schlagdenhauffen, entrepreneur en bâtiments à Strasbourg, d’une maison et dépendances avec atelier de construction d’une superficie de 14 ares 82 centiares sise en ladite ville, marais vert Numéros 4, 15, 10 et 21, section N numéro 46, 54 et 147,
Secondement Chrétien Stahl de Schiltigheim de 4 ares 9 centiares, d’une maison et dépendances sise à Strasbourg au marais vert n° 18, section N numéro 51,
Troisièmement, Nathanaël Friesé de Strasbourg de 2 ares 85 centiares, d’une maison et dépendances sise en ladite ville, marais vert n° 19, section N numéro 52,
Quatrièmement, Jean Trienbach de Strasbourg de 3 ares 32 centiares, d’une maison et dépendances sise à Strasbourg, Marais vert n° 20, section N numéro 53,
Cinquiemement, Jean Baptiste Loiseau cabaretier de un are 16 centiares, d’une maison et dépendances sise en ladite ville, marais vert n° 22, section N numéro 145,
Sixiemement. Michel Dipper père, Michel Dipper fils et Frédéric Dipper de Strasbourg de 46 centiares d’une maison sise en ladite ville, marais vert n° 6, section N numéro 148,
Septiemement. Jacques Lehmann, tisserand à Strasbourg de 37 centiares d’une maison sise en la même ville, marais vert n° 7, section N numéro 149,
Huitiemement, Antoine Müller, cabaretier à Strasbourg de 53 centiares d’une maison sise en ladite ville, marais vert n° 8, section N numéro 150,
Neuviemement, Salomé Meyer fille muette sous la tutelle de Clement Meyer, de Strasbourg de 9 ares 69 centiares de jardin sis en même ville, marais vert, section N numéro 121,
Dixiemement, Madeleine Meyer de Strasbourg de 3 ares 63 centiares de jardin sis à Strasbourg, marais vert, section N numéro 121,
Onziemement, André Ruhlmann fils de Strasbourg de 5 ares 99 centiares de jardin sis en la même ville, marais vert, section N numéro 122,
Douzièmement, Jean Geyer de Strasbourg de un centiare de jardin sis en la même ville, marais vert, section N numéro 123 bis,
Treizièmement, David Kitzel de Strasbourg de 43 centiares de jardin sis à Strasbourg au marais vert, section N numéro 123 bis,
Quatorziemement, Jean Geyer de Strasbourg 3 centiares de jardin sis en la même ville marais vert, section N numéro 123 bis,
Quinziemement, Michel Sieffert de Strasbourg de 29 centiares de jardin sis à Strasbourg au marais vert, section N numéro 123 bis,
Seiziemement, David Kitzel de Strasbourg de 58 centiares de jardin sis en ladite ville marais vert, section N numéro 123 bis,
Dix septiemement, Thiébaut Schott fabricant d’amadou à Strasbourg de 6 ares d’une maison et dépendances sise en ladite ville, marais vert n° 128, section N numéro 128 et 129,
Dix-huitiemement, La Compagnie anonyme pour la fabrication du Gaz de 39 centiares d’une cour sise à Strasbourg marais vert section N Numero 130.
Dit qu’au surplus le jugement du 20 Janvier dernier sortira son effet.
Commet Monsieur Gérard président et en cas d’empêcheent Monsieur Moutier, juge, pour remplit les fonctions attribuées par le titre IV chapitre II articles 34 et suivant de la loi citée au Magistrat Directeur du jury, chargé de fixer l’indemnité. Jugé et approuvé en audience publique de la première chambre du Tribunal civil de première instance de l’arrondissement de Strasbourg le 4 fevrier 1845.


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