Homme de fer (place de l’) : Eisernenmanns Platz


La place comme on la voit aujourd’hui est une création des années 1950 : on a fait place à la circulation automobile en détruisant l’îlot de maisons qui figure sur le plan Blondel ci-dessous (au milieu du plan, adossé au fossé des Tanneurs en lavis vert). C’est un nouveau changement d’aspect après celui du milieu du XIX° siècle comme le relate ci-dessous Adolphe Seyboth : on a alors comblé le fossé des Tanneurs et supprimé le pont vers la rue du Jeu-des-Enfants tout comme la passerelle vers la Haute-Montée.

La petite place en triangle au-delà du fossé des Tanneurs sur le plan ci-dessous se trouve sur le canton IV voisin. Les lieux ont porté différents noms : aux deux Tilleuls (beÿ Koppelinen) d’après les arbres représentés sur le plan Morand, près du Hibou d’après la maison du même nom (zur Eulen, parcelle 134 qui donnait à la fois sur l’alignement sud et sur l’alignement nord de l’îlot), au petit pont de pierre (beym steinernen Brückel) et enfin à l’Homme-de-fer d’après une statue grandeur nature d’un sergent de patrouille (Scharwächter). Cette statue qui orne aujourd’hui la pharmacie devait se trouver initialement sur le bâtiment Hilbert en face, le long du fossé des Tanneurs, détruit lors du comblement du fossé.

L’îlot qui occupait la plus grande partie de la place donnait sur quatre voies différentes depuis le XIX° siècle : au nord sur le Vieux Marché aux Vins (n° 50, 52 et 54 sur le plan de 1920), à l’ouest sur la place du Jeu des Enfants (n° 1 et 2), au sud sur la rue du Jeu des Enfants (n° 49, 51 et 53) et à l’est sur la place de l’Homme de fer (n° 6 qui équivaut au 53 de la rue du Jeu des Enfants et n° 7 qui équivaut au 54 de la rue du Vieux Marché aux Vins)

Canton III (centre)

Seyboth, page 59

Bi Kupelinden 1405, 1466. In Kuppellinden 1458. Bei Koppelinen 1587 (zwei Linden standen vor n° 4, Plan von 1548). Bei der Eulen 1735. Près du Hibou 1765. Près de l’Homme de Fer fin 18°

Edition en français, page 379
Depuis 1841, la place de l’Homme-de-Fer a complètement changé d’aspect. Disparu l’antique cloaque du fossé des Tanneurs ; disparus, la passerelle sur laquelle se déroulait en 1308 la scène que nous avons relatée dans les premières pages de ce livre, et le pont à une seule arche de pierre qui donnait accès dans la rue du Jeu-des-Enfants ; disparue aussi la grande maison, en deçà du fossé, qui rétrécissait le passage vers les Petites-Boucheries.
Un couple de tilleuls qui figure encore sur une vue cavalière dessinée du haut de la Cathédrale en 1548 par Conrad Morant avait valu à la localité le nom de bi Kiuppllinden que nous rencontrons dès 1405.

L’îlot en 1830

L’îlot 47 dessiné pour le plan-relief de 1830 représente d’une part l’îlot proprement dit et, sur la droite, le fossé des Tanneurs (« A ») entre le pont de pierre qui donne sur le Jeu-des-Enfants et la passerelle qui mène vers la Haute-Montée. Le bâtiment à l’extrême droite se trouve sur la rive droite du Fossé des Tanneurs, il sera d’ailleurs détruit après le comblement du fossé. Les façades sur la gauche du Fossé des Tanneurs se retrouveront alors sur la place de l’Homme de Fer. Les maisons en haut de l’îlot donnent, selon le point de vue, sur le prolongement du Vieux-Marché-aux-vins qui s’étend à l’ouest ou de la rue de la Petite boucherie qui s’étend à l’est. Les maisons en bas de l’îlot donnent sur le Jeu-des-Enfants. Les trois maisons sur la gauche de l’îlot s’ouvrent sur la petite place appelée au XIX° siècle place du Jeu-des-Enfants : deux d’entre elles donnent aussi l’une sur le Vieux-Marché-aux-vins et l’autre sur le Jeu-des-Enfants, la troisième, proche de l’angle sud, est la seule à y avoir son entrée. L’îlot a deux cours. Celle notée « B » fait partie du 54 Vieux-Marché-aux-vins (Blondel III 136), celle notée « C » est partagée entre le Hibou et le Bœuf d’or, n° 52 et 50 Vieux-Marché-aux-vins (Blondel 134 partie arrière et 137).

Ilot 47 (plan)

Ilot 47, dessiné pour le plan-relief de 1830

Sur le « Développement de l’Ilot N° 47 » ci-dessous, la partie centrale (entre les repères « d » et « p », celui-ci omis mais restitué d’après le plan précédent), représente les bâtiments le long du fossé qu’on trouve une fois entre « e » et « f », une autre entre « h » et « i ». Les maisons de l’îlot se trouvent d’une part entre le repère « a » (angle vers le Vieux-Marché-aux-vins) et « d » (à côté du pont de pierre au sud), « c » faisant l’angle vers le Jeu-des-Enfants, et d’autre part entre le repère « p » (omis, à côté des marches qui descendent vers le Fossé) et le repère « a » (angle vers le Vieux-Marché-aux-vins).

Ilot 47 (élévations)

Seyboth (p. 289)

Kinderspielplatz, Place du Jeu des Enfants
Grimpel- oder Gimpelmarckt seit 1450. Marché aux guenilles 18°, 1857

(1858) n° 1, (1785) n° 36
Frantz Thomas, Hutmacher, 1587. Aux villes d’Angleterre, 1860, 1867

(1858) n° 2, (1785) n° 37
Abraham Hoen des Trähers Wittib wo Jacob Roth der Träher wohnt, 1587. Neubau 1773

(1858) n° 50, (1785) n° 35
Orlibel Schrotbank, Snider, 1427, 1466. Wolff Grasmann, Ferber, 1587. Au Bœuf d’or, auberge, 1740, 1776. Au Bœuf rouge, zum rothen Oechsel 1762, 1795. Maison autrefois à l’enseigne du Petit Bœuf, 1845. Restaurant Valentin 19°

(1858) n° 52, (1785) n° 34
(v. Kinderspielgasse n° 51)

(1858) n° 54, (1785) n° 33
Juncker Florian von Fürdenheim, Amptmann zu Lichtenau, wohnhaft Johannes Bünderlin der Goltschmit wohnt, 1587. Antoine Klotz, maître maçon, 1765. L. Klotz 1795. Bernard Perlasca, marchand d’estampes, 1789. Reconstruction 1773. Imprimerie-lithographie Mainberger 1844


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