Siège de Strasbourg, 1870


Suite à la dépêche d’Ems, la France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. Après les défaites françaises à Wissembourg le 4 août puis à Frœschwiller le 6 août, le prince héritier Frédéric de Prusse ordonne au général August von Werder de mener son armée de 40 000 hommes à Strasbourg où la garnison française de 17 000 hommes est commandée par le général Jean-Jacques Uhrich.
Le 8 août, la cavalerie badoise du général de la Roche demande à la ville de se rendre sans quoi elle serait bombardée. Le premier obus tombe sur Strasbourg le 13 août, suivi d’autres le 15 août, jour de la fête du bonapartisme, puis le 18 août. Voulant éviter un long siège, le général von Werder a le projet de s’en prendre aux habitants pour obtenir l’ouverture des portes. L’archevêque André Ræs demande en vain à Werder le 25 août de cesser les bombardements pour épargner la population. Les bombes incendiaires tombent sur la place Broglie et la bibliothèque du Temple-Neuf le 28 août. Le 30 août, le préfet Pron nomme une commission municipale où entrent les principaux chefs de l’opposition. Le 11 septembre, le général von Werder autorise une délégation suisse chargée de sauver les vieillards, les femmes et les enfants à entrer dans la ville. Les Suisses apportent la nouvelle de la défaite française à Sedan le 2 septembre et de la capitulation de Napoléon III. Le baron Pron et le maire Théodore Humann se démettent de leurs fonctions. La République proclamée, la mairie de la ville est confiée à Emile Kuss. Le nouveau préfet Edmond Valentin nommé par le gouvernement de Gambetta confirme le maire Kuss dans ses fonctions. Le siège reprend, les Prussiens investissent les fortifications le 21 et le 22 septembre. Le général Uhrich offre le 27 septembre la capitulation qui est acceptée. Les troupes françaises quittent la ville dont cinq cents maisons sont détruites. Le 28 septembre, les généraux von Werder et Mertens exposent au maire Kuss les conditions de la capitulation, la ville devant loger chez l’habitant les 12 000 hommes de la garnison allemande puisque les casernes sont détruites. Le gouvernement général s’installe rue de la Mésange à l’hôtel de Paris, le commissaire civil rue de la Nuée Bleue à l’hôtel de Bussière.
La guerre continue par ailleurs. Paris se rend le 29 janvier 1871. L’armistice est signé le 28 janvier, le traité de paix le 10 mai 1871.


L’administration française se retire de Strasbourg
Enregistrement des actes civils et publics, volume 595 f° 56 ( ADBR, cote 3 Q 30 310)

Du 7 octobre 1870
Par ordre de Monsieur le Commissaire civil pour Strasbourg, représenté par son fondé de pouvoir Monsieur de Rotenhan secrétaire général, il est fait défense au Receveur de ne faire ni recettes ni dépenses sans la permission de l’administration allemande, sous peine de se voir exposé à passer en conseil de guerre
[Reprise des enregistrements au verso] Monath November, den zweiten November


Extrait de Quarante jours de bombardements, par un réfugié strasbourgeois (Neuchâtel, 1871)
Rien, dans cette lamentable guerre n’a été ordinaire, tout est fait pour surprendre, autant la force prodigieuse de cohésion et de puissance patriotique et militaire de l’Allemagne, que de l’impéritie et l’imprévoyance de la France et l’effrayante densité de ses illusions et de son aveuglement. Rien non plus n’a été ordinaire dans le siège de Strasbourg et l’on ne sait en vérité ce qui est le plus étonnant dans cette histoire, de l’héroïsme d’une ville abandonnée dès le premier jour avec une garnison qui eût pu paraître insuffisante au milieu de la paix la plus profonde, ou de l’incroyable et barbare acharnement de l’ennemi contre une population dont il comptait, le lendemain, solliciter les sympathies et contre une cité que les journaux allemands appelaient « le joyau de l’ancienne couronne germanique ». Singulière politique que celle qui laisse exposée, dès les premières heures de la lutte et ouverte pour ainsi dite à toutes les témérités prussiennes, la ville qui est l’enjeu de la guerre ! Singulière politique aussi que celle qui s’applique à détruire d’avance par les bombes et par l’incendie les sentiments d’amitié et de confraternité de race auxquels elle s’apprêtait à faire appel après la victoire.

Passage cité dans le tome IV de l’Histoire de Strasbourg des origines à nos jours à laquelle on se reportera


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